
LRV L'EXPO
Ses toiles sont « à mi-chemin entre l’art déco des années 30 et Pedro Almodovar ». A 37 ans, LRV veut garder un rapport simple et sain avec ses peintures. Il ne veut pas être un « artiste prise de tête ».
Un visage charmant, une allure décontractée et un accueil chaleureux. LRV vous met à l’aise dès le premier abord. Conseiller d’éducation dans un collège parisien, il confie : « c’est vraiment un métier qui me rend heureux ». Il a choisi de ne pas se consacrer exclusivement à la peinture et s’amuse souvent à dire que pour cette raison il n’est pas « un vrai peintre » : « Je ne voulais pas me retrouver un jour à me dire il faut que je peigne pour pouvoir manger à la fin du mois ». Dans son bureau de CPE, une de ses toiles réchauffe un décor quelque peu anonyme. Il estime avoir trouvé le parfait équilibre entre ses deux occupations.
Entouré de peintres, LRV pense qu’il a toujours dessiné depuis qu’il a eu l’âge de tenir un crayon. A six ans, sa mère l’inscrit aux Beaux Arts, mais il n’y reste que six mois car il n’apprécie pas de faire ce qu’on lui demande. Il se forgera sa technique et son style tout seul.
Les femmes sont le sujet principal de ses toiles. Représentées à chaque fois avec la même esthétique des années 30 – très maquillées, avec des coiffures à crans et des robes haute couture – mais toutes aussi singulières par la sensualité et l’émotion qu’elles dégagent. Il considère avant tout ses tableaux comme des objets de décoration : « J’essaie de garder un rapport sain avec mes peintures. Quand j’ai terminé ma toile je ne peux pas trop expliquer pourquoi j’ai mis du rouge d’un côté, du vert de l’autre ».
« Le témoin d’amours clandestines »
Pour cet « aficionado de la couleur » comme l’avait qualifié une journaliste, ses tableaux ne manquent pas de références. Il s’est nourri du style aux couleurs lumineuses et brillantes ainsi qu’à l’élégance des modèles de Tamara de Lempicka, femme peintre emblématique de la période Art déco. L’air passionné, il confie : « J’ai l’impression qu’elle a complètement exprimé ce que j’aimerai faire ».
Mais la plus grande partie de son inspiration, il la doit à ses quatre années passées à Madrid pour ses études, et notamment à sa rencontre avec Pedro Almodovar. Séduit par l’univers de ses films, LRV raconte son attachement à ce réalisateur : « Il y avait quelque chose qui me touchait vraiment dans le côté folklo des scénarios : les personnages, les travestis, les prostituées. Tout ce côté sur-féminisé ».
La simplicité du peintre se retrouve aussi dans sa conception de la peinture. LRV rêve de réaliser une fresque dans un lieu public pour que son œuvre soit le « témoin de rencontres, de célébrations ou d’amours clandestines… ». Car pour lui, ses toiles n’ont de sens que quand elles trouvent un foyer : « J’aime à imaginer qu’elles vont avoir une histoire, qu’elles vont être transmises car c’est un peu de moi qui part dans ces aventures ». Alors peu importe qu’on lui achète une toile juste parce qu’elle s’accorde avec la couleur du canapé du salon, car après tout, « ce ne sont que des tableaux ! ».
Elise Amar
Commentaires Récents